Montréal, le 24 novembre 2008 – Le rapport Réduction des écarts en matière de santé rendu public aujourd’hui par l’Institut canadien d’information sur la santé (ICIS) vient renforcer, si besoin était, la nécessité d’agir sur les déterminants sociaux pour réduire les inégalités de la santé au Canada.
À l’aide d’une grille de 21 indicateurs – dont le taux d’hospitalisation, l’auto déclaration de l’état de santé,– le rapport illustre les liens significatifs entre ces indicateurs et le statut socioéconomique des résidants de 15 grandes régions métropolitaines de recensement (RMR) du Canada, dont la région montréalaise. La grande tendance : les résidants des secteurs les plus pauvres sont les plus susceptibles de vivre divers problèmes de santé et de subir une mortalité précoce que les habitants des secteurs de statut socioéconomique élevé.
Avec une population de 3,6 millions habitants (Recensement 2006), la RMR de Montréal (incluant les banlieues) est la deuxième en importance au Canada. Si les autorités de santé publique de la région montréalaise saluent la sortie de ce rapport, il faut noter que la tendance révélée et les questions soulevées font depuis quelques années déjà l’objet de leurs préoccupations. Dès 1998, en effet, le directeur de santé publique dans son rapport Les inégalités sociales de la santé insistait sur « l’aspect multidimensionnel de la pauvreté et la nécessité d’agir sur plusieurs fronts selon une stratégie intégrée ».
Cette étude permet de constater que les résultats pour la région métropolitaine s’apparentent à ceux de l’ensemble des 15 grandes villes sélectionnées. Ainsi, des différences sont significatives entre les Montréalais au statut socioéconomique bas et ceux au statut élevé pour plusieurs causes d’hospitalisation telles : les maladies mentales, le diabète et les maladies pulmonaires obstructives chroniques (MPOC).
Côté habitudes de vie, les autodéclarations concernant le tabagisme confirment que dans toutes les RMR les répondants de statut socioéconomique faible sont toujours les plus susceptibles de fumer. Pour Montréal, cependant, peu importe le statut socioéconomique – faible, moyen ou élevé –, la proportion de fumeurs demeure toujours plus élevée.
Si le rapport ne formule pas de recommandations, il devrait toutefois servir d’outil de connaissance et d’exploration pour la recherche de nouvelles pistes d’intervention en vue de réduire les écarts de santé causés par les inégalités socicoéconomiques. En ce sens, le document s’adresse non seulement aux décideurs, planificateurs et acteurs de la santé publique mais à tous les autres partenaires en mesure d’agir (villes, organismes de planification, habitation, transport, environnement, etc.)
Il convient en terminant de souligner que le document de l’ICIS s’inscrit parfaitement dans le sillage des travaux de la Commission des déterminants sociaux de la santé de l’OMS qui, en mai dernier, publiait son rapport intitulé Combler le fossé en une génération. Outre de faire la preuve que « les inégalités de la santé en milieu urbain au Canada atteignent un niveau inacceptable », il montre que nous possédons déjà une connaissance suffisante de la réalité pour engager des actions susceptibles de porter fruit.
On peut consulter le rapport sur le site de l’Institut canadien d’information sur la santé www.icis.ca
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Source: Direction de santé publique de l’Agence de la santé et des services sociaux de Montréal
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