Qualité de l'air intérieur - Prévenir les problèmes de santé reliés à l'environnement
Moisissures
Humidité excessive et moisissures
dans les résidences
1- Problématique
L'humidité dans une résidence est déterminée par l'humidité et la température
extérieures ainsi que par des sources intérieures comme le métabolisme des
personnes et des animaux et les activités comme le bain, la cuisson, le
lavage et le séchage1 . Une humidité excessive est souvent liée
à une ventilation insuffisante, favorisée par l'isolation accrue des maison
moderne.
Les signes suivants peuvent indiquer qu'une maison présente un problème
d'humidité et conséquemment, un certain degré d'insalubrité, surtout si
des occupants éprouvent des symptômes persistants et reliés à l'occupation
du logement2 :
- odeur de moisi, de terre ou d'alcool;
- taches d'eau pouvant avoir été causées pas des infiltrations ou des
dégâts d'eau, des inondations ou des refoulements d'égouts;
- taches vertes ou noires de moisissures sur la surface intérieur des
murs extérieurs ou du plafond, dans les placards ou garde-robes, à l'arrière
des meubles, sur les tapis sur les rebords des fenêtres, dans les endroits
humides, dans la salle de bain;
- taches de pourriture;
- matériaux humides (bois, tapis ,panneaux isolants, papier peint), literie
et vêtements humides;
- condensation d'eau régulière sur les fenêtre ou autres surface.
2. Effets sur la santé
Selon le Comité consultatif fédéral-provincial de l'hygiène du milieu
et du travail1 , plusieurs espèces de bactéries et de
virus survivent mieux à des taux d'humidité faibles ou élevés plutôt qu'à
des taux intermédiaires. Des taux d'humidité supérieurs à 50% peuvent augmenter
les populations de moisissures, de champignons et d'acariens qui sont responsables
d'allergies.
Selon un rapport du Groupe de travail sur les champignons dans l'air des
maisons de Santé Canada5, et deux études canadiennes récentes3,4
, l'humidité élevée et la présence de champignons (moisissures) et leurs
toxines, peuvent entraîner les problèmes de santé suivants chez les humains
:
- symptômes des voies respiratoires : toux, crachats, irritation du nez
et de la gorge, écoulement nasal, éternuements, respiration bruyante (wheezing),
difficulté respiratoire, douleurs thoraciques;
- allergies respiratoires : rhinites, alvéolites, bronchites, asthme,
pneumonites d'hypersensibilité;
- symptômes non respiratoires : irritation des yeux, lésions et infections
des tissus;
- allergies cutanées : irritation de la peau, dermatite;
- effets toxiques généraux, fièvre, frissons, maux de tête nausées, vomissements,
diarrhée, déficiences du système immunitaire, fatigue, perte des cheveux.
Ces effets toxiques sont dus à diverses substances produites par les champignons
: les propagules ou spores servant à la reproduction du champignon,
les mycotoxines ou substances chimiques associées aux spores
et les substances chimiques volatiles ou vapeurs détectées
à leur odeur caractéristique de moisi. Les risques à la santé sont également reliés à la présence d'autres microorganismes qui vivent et se multiplient très facilement en milieu humide tels les bactéries ainsi que les acariens (très petits animaux à peine visibles à l'oeil nu de la classe des arachnides).
Les deux études canadiennes3,4 concluent donc que l'exposition
à l'humidité et aux moisissures dans les résidences constitue un facteur
de risque important dans les maladies respiratoires au Canada, d'autant
plus que 38% des résidences étudiées présentaient des signes d'humidité
et de moisissures.
3. Conduite à tenir
- Identifier les sources d'excès d'humidité : vices de construction,
activités des occupants, ventilation inadéquate, dégât ou infiltration
d'eau.
- Maintenir l'humidité entre 30 et 80 % l'été et 30 et 55% l'hiver, selon
les recommandation de Santé Canada; pour les personnes sensibles ou qui
souffrent d'asthme ou d'allergies, on devrait maintenir l'humidité entre
40 et 50 %, afin de réduire les infections respiratoires et les effets
néfastes sur la santé1.
- Assurer une bonne ventilation et des échanges d'air périodiques, idéalement
un changement d'air aux deux heures. Ouvrir régulièrement les fenêtres
en même temps que les ventilateurs d'extraction de la cuisinière et de
la salle de bain. Poser un échangeur d'air. Brancher la sécheuse à un
évent extérieur. Ventiler après certaines activités produisant beaucoup
d'humidité comme le bain, la douche et la cuisson.
- Assécher et nettoyer en dedans de 24 heures tout dégât d'eau et remplacer,
si nécessaire les matériaux et tapis endommagés par l'eau. Corriger les
infiltrations d'eau.
- Vider et nettoyer régulièrement les bassins de réception d'eau des
déshumidificateurs, réfrigérateurs, systèmes de ventilation et de chauffage,
où l'eau peut stagner; changer l'eau et nettoyer des humidificateurs selon
les recommandations du fabricant; ne les utiliser qu'en cas de besoin.
- Nettoyer les moisissures, à mesure qu'elles apparaissent, avec une
solution constituée d'eau de javel diluée dans 4 mesures d'eau. Porter
des gants, bien ventiler la pièce. Appliquer sur la surface, attendre 15 minutes et rincer à
grande eau. Garder les surfaces sèches et exemptes de poussière. Maintenir
la maison propre, épousseter fréquemment avec des chiffons humides.
- Pour les problèmes de santé, consulter le médecin de famille.
- Pour un problème d'humidité excessive dans un logement, il est préférable
que le locataire essaie d'abord de prendre arrangement avec son propriétaire.
Se des recours légaux sont finalement envisagés, le locataire doit prendre
contact avec la Régie du logement. Il est aussi conseillé de communiquer
avec sa municipalité qui, en vertu de la section VIII de la Loi sur la
qualité de l'environnement, devra faire procéder à une enquête pour insalubrité,
impliquant normalement la visite du logement par un inspecteur. Il peut
être utile de prendre des photos des moisissures et des dégâts causés
par ces dernières (vêtements et articles moisis). Il est important de
procéder à ces trois étapes le plus rapidement possible, afin d'effectuer
le nettoyage des moisissures et de procéder aux correctifs dans les plus
brefs délais.6
- Consulter les brochures suivantes : (1) Élimination de la moisissure
dans les maisons (2$), (2) Guide d'assainissement de l'air et (3) L'air
et l'humidité, problèmes et solutions. On peut se procurer ces
brochures à la Société canadienne d'hypothèque et de logement (SCHL).
Références
- Santé Canada (1989). Directives d'exposition concernant
la qualité de l'air des résidences - Rapport du Comité consultatif fédéral-provincial
de l'hygiène du milieu et du travail. p. 14
- Société canadienne d'hypothèques et de logement (SCHL)
(1993). Élimination de la moisissure dans les maisons. P. 6
- Dales R.E., Burnett R., Zwaneneburg H. (1991). Adverse
health effects among adults exposed to home dampness and molds. American
reveiw of respiratory disease, 143 : 505-509
- Dales R.E., Zwaneneburg H., et al. (1991). Respiratory
health effects of home dampness and molds among canadian children, American
journal of epidemiology 134 (2) : 196-203
- Tobin R.S. et al. (1987). Signification de la présence
de champignons dans l'air intérieur des édifices - Rapport d'un groupe
de travail. Préparé par Santé Canada Groupe de travail sur les champignons
dans l'air des maisons. Revue canadienne de santé publique, 78:
S15-S32
-
Roy R. (1993). Qualité de l'air intérieur en milieu
résidentiel - Guide pratique. Centre de santé publique de Québec,
55 p.
Source : Fiche d'information #1 - ENVIRODOQ : EN969965,
SANTÉCOM : P10729, Rédaction : Reine Roy