Statistiques et surveillance

Question de méthodologie - Notes méthodologiques

Sondage biannuel de la DSP

Le sondage biannuel de la DSP est une enquête transversale qui vise les 15 ans et plus résidant sur l’île de Montréal et vivant en ménage privé.  Il se tient deux fois l’an, soit au printemps et à l’automne. Ce sont les deux périodes de l’année qui permettent l’optimisation des taux de réponse.  La collecte des données se fait par entrevues téléphoniques.  Une firme spécialisée dans ce domaine est mandatée pour ce travail.

Base de sondage et stratégie d’échantillonnage

Le sondage est généralement mené auprès d’un échantillon aléatoire simple de 1000 Montréalais.  Conformément à la réalité, 75% de l’échantillon est constitué à partir de numéros de téléphone répertoriés et 25% à partir de numéros non répertoriés (pour Montréal, environ 25% des numéros de téléphone sont confidentiels).

Une fois le ménage rejoint, l’intervieweur procède à une sélection aléatoire du répondant, en demandant à parler à la personne de 15 ans ou plus qui sera la prochaine à célébrer son anniversaire. Seule la personne sélectionnée peut répondre. Les réponses par procuration ne sont pas acceptées.  Les taux de réponse se situent généralement entre 45% et 55% et sont calculés en fonction des normes de l’Association de l'industrie de la recherche marketing et sociale (AIRMS).

Pondération et post-stratification

La pondération consiste à attribuer à chaque répondant une valeur (un poids) qui correspond au nombre d’individus que le répondant « représente » dans la population visée.

Une post-stratification permet ensuite d’ajuster la pondération afin de s’assurer que la distribution pondérée des répondants selon l’âge et le sexe est conforme à celle de la population visée par l’enquête, en utilisant des projections de la population vivant en ménage privé établies par l’Institut de la Statistique du Québec pour l’année du sondage

Intégration des données sur plusieurs cycles

L’administration répétée de certaines questions au cours de plusieurs éditions du sondage permet d’accroître le nombre de répondants à ces questions. Une banque de données cumulée est alors créée pour ces variables.

Lors du cumul des données sur plusieurs cycles, une nouvelle pondération est calculée.  Dans le cas de résultats par territoire de CSSS, une pondération est calculée en tenant compte de la structure des ménages ainsi que de la structure d’âge et de sexe de la population de chaque CSSS.

Les données recueillies

À chaque sondage, un bloc de questions vise à dresser le profil du répondant.  Ce bloc est d’ordre

  • démographique : sexe, age, année de naissance, état civil;
  • socioéconomique : scolarité atteinte, tranche de revenu, langue maternelle;
  • sanitaire : autoévaluation de l’état de santé. 

Grâce au jumelage du code postal, nous avons pu ajouter l’indice de défavorisation matérielle développé par Robert Pampalon.  À ce bloc, s’ajoutent toutes les questions des équipes de la DSP qui désirent participer au sondage.

Définition des indicateurs

  • Fumeur : Personne qui fume tous les jours ou à l’occasion
  • Langue maternelle : Première langue apprise et toujours comprise
  • Scolarité : Nombre d’années de scolarité complétées
  • Défavorisation matérielle :

    Indicateur développé par Robert Pampalon. Il prend en considération plusieurs variables socioéconomiques (scolarité, revenu, occupation d’un emploi)1. L’indice s’étend de zéro (très favorisé) à 100 (très défavorisé) et a été regroupé en tertiles. Donc, les 33,3% ayant le score le plus faible font partie de la catégorie faible défavorisation, les 33,3% avec le score le plus élevé forment la catégorie forte défavorisation, et les 33,3% du milieu forment la catégorie défavorisation moyenne.

  • Habitudes alimentaires : définition des termes

Portée et limites du sondage

La taille de l’échantillon recueilli lors de chaque édition du sondage et le recours aux données pondérées permettent l’analyse à l’échelle régionale de données souvent non disponibles autrement. Les faibles effectifs à l’échelle locale (ex. : territoire de CSSS) dans chaque cycle de sondage pris individuellement ne permettent cependant pas les analyses à cette échelle. Toutefois, lorsque les données sont cumulées sur plusieurs éditions du sondage et pondérées de façon appropriée, on peut procéder à des analyses à l’échelle sous-régionale. Il est ainsi possible de documenter des thématiques pour lesquelles on ne dispose habituellement pas de données à cette échelle. En contrepartie, le cumul des données implique que ces dernières soient comparables, ce qui ne peut être complètement garanti par la seule utilisation de questions identiques, puisque l’ordre d’administration des questions peut aussi influencer les réponses obtenues. De plus, le cumul de données concernant des phénomènes saisonniers pourrait s’avérer inapproprié compte tenu des différentes périodes de collecte des données, et ce, même si les questions posées sont identiques. Les données cumulées doivent donc être interprétées avec prudence. Il semble toutefois raisonnable de croire que dans le présent contexte, il s’agit d’une procédure valide qui reflète de façon adéquate les phénomènes à l’étude pour la période choisie.

1Pampalon R. et Raymond G., «Un indice de défavorisation pour la planification de la santé et du bien-être au Québec ». Maladies Chroniques au Canada, 21(3), 2000, p. 113-122