Rappelons-nous qu'actuellement cette maladie ne se guérit pas. C'est donc une maladie chronique, que l'on a la vie durant, une maladie qui atteint une clientèle de plus en plus jeune et qui après quelques années, cause de très graves complications. Leurs conséquences sont majeures et leur prévention est possible. De là à en faire un problème de santé publique, il n'y a qu'un pas à franchir. Les études actuelles ne permettent pas d'affirmer qu'un dépistage systématique de la population entière soit une solution efficace. Cependant, beaucoup de diabétiques potentiels, porteurs de facteurs de risque facilement identifiables fréquentent leurs médecins et pourraient bénéficier d'un dépistage ciblé. Beaucoup d'autres, par la complexité de la maladie et ses impacts sur la vie quotidienne, ne bénéficient malheureusement pas d'un suivi optimal mais des éléments de solution existent, nous les verrons plus loin.
Des changements récents ont été effectués dans la nomenclature du diabète, grâce à une classification basée sur l'étiologie de la maladie plutôt que sur son mode de traitement. Ils reflètent l'acquisition de nouvelles connaissances sur la maladie et son évolution. Ainsi, en 1997, on laissait tomber les termes diabète insulino-dépendant (DID) et non insulino-dépendant (DNID) pour diabète de type 1 et de type 2. Notez que les chiffres arabes plutôt que romains sont maintenant utilisés pour bien la démarquer de l'ancienne nomenclature.
Les types de diabète sont présentés au tableau 1, accompagnés de quelques-unes de leurs principales caractéristiques. Chez les diabétiques de type 2, l'importance relative de la réduction de la production d'insuline et de l'insulinorésistance variera d'un individu à l'autre. En général, avec l'âge, on assiste à une diminution de la capacité du pancréas à produire de l'insuline alors qu'une augmentation de poids est associée à une augmentation de la résistance à l'insuline.
Le cumul des données récentes portant sur l'hyperglycémie et ses complications ont entraîné une révision des critères diagnostiques du diabète. À la lumière des recherches récentes, une glycémie plasmatique à jeun (GPJ) de 7,8 mmol/L correspond à un risque trop élevé de complications microvasculaires. Le seuil de 11,1 utilisé lors de la mesure de la glycémie deux heures après l'ingestion de glucose (GP2h) est nettement meilleur mais cette mesure est peu pratique et onéreuse. L'Association Canadienne du Diabète recommande toujours cette dernière mesure mais a abaissé le seuil de la GPJ à 7,0 mmol/L, mesure plus simple, moins onéreuse et qui identifie un degré d'hyperglycémie comparable à la GP2h.
Pour quels patients devrions-nous envisager le dépistage? Voici ce que l'Association Canadienne du Diabète nous recommande :
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Facteurs de risques |
Dépistage par GPJ |
| Personnes de 45 ans et plus | Dépister aux trois ans |
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Dépister annuellement ou aux deux ans Débuter avant 45 ans |
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Dépister annuellement, quel que soit l'âge |
Une lueur d'espoir se dessine. Des études publiées durant les années '90 nous indiquent qu'avec un contrôle optimal de la glycémie, il est possible de retarder considérablement l'apparition des complications, qui sont de trois ordres : métabolique, microvasculaire et macrovasculaire. Le tableau 2 décrit sommairement ces différentes complications.
Des études récentes ou en cours sont en train de révolutionner notre compréhension et notre approche du diabète. Le « Diabetes Control and Complication Trial (DCCT) » nous a démontré qu'un contrôle serré de la glycémie pouvait réduire l'apparition ou retarder l'évolution de complications microvasculaires chez les diabétiques de type 1. L'étude « United Kingdom Prospective Diabetes Study (UKPDS) » a démontré que ces résultats étaient aussi possibles chez les diabétiques de type 2, un contrôle serré réduisant de 25% les risques de rétinopathies et de néphropaties. Les études récentes nous confirment l'importance du contrôle de l'hypertension et de l'hyperlipidémie dans la réduction des risques de complications macrovaculaires. D'autres études indiquent qu'il est possible de réduire le risque d'apparition du diabète par un programme alimentaire et de l'exercice.
Le médecin se sent souvent bien isolé dans son cabinet face à cette maladie complexe, qui demande l'implication de nombreux experts. Malheureusement, ils ne sont pas toujours disponibles ou sont trop onéreux pour le patient (diététicienne, podiatre, psychologue). Vous avez donc avantage à connaître et utiliser toutes les ressources qui sont disponibles et qui sont économiquement accessibles à vos patients.
Plusieurs centres hospitaliers et CLSC possèdent déjà ou sont à mettre sur pied des centres pour les diabétiques, où vos patients peuvent bénéficier de cours et de formation.
Le tableau 3 énumère les principales ressources retrouvées sur l'île de Montréal. Localisez celles qui sont situées près de votre milieu de pratique et utilisez-les.
La connaissance et la compréhension que vos patients ont de leur maladie sont des clés essentielles à un meilleur contrôle de leur maladie et à la prévention de ses complications.
Journal de l'Association médicale canadienne >>>
PUBLICATIONS : Suppléments
Diabète
« Clinical practice guidelines for the management of diabetes in Canada, 1998 »
Association Diabète Québec >>>
Association canadienne du diabète >>>
Tableau 1 - Types de diabète et principales caractéristiques
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Types |
Caractéristiques et traitement |
| Diabète de type 1 (anciennement diabète insulino-dépendant, de type I, diabète juvénile) |
Le mécanisme en cause est une déficience absolue en insuline. Ces individus ont des évidences sérologiques d'un processus auto-immun pathologique dans les ilôts du pancréas.
+ Le traitement est l'insuline. Ces personnes sont à risque d'acidocétose pouvant causer un coma et entraîner la mort . |
| Diabète de type 2 (anciennement diabète non-insulino-dépendant, de type II, adulte) |
Le mécanisme en cause est la combinaison d'une résistance à l'insuline dans les tissus cibles et d'une réponse sécrétoire compensatrice insuffisante du pancréas. L'hyperglycémie peut exister sans symptômes cliniques durant des années tout en causant des dommages importants aux organes cibles. Il touche environ 90% des diabétiques. Les causes sont probablement multiples. Il n'y a pas de processus auto-immun. Il est associé habituellement à de l'obésité qui cause une résistance relative à l'insuline. Le pancréas ne réussit pas à combler cette lacune. Il se présente surtout chez les personnes âgées de plus de 40 ans, ayant un excès de poids, et sédentaires. Il y a de fortes prédispositions génétiques, encore incomprises. + Beaucoup de ces individus n'auront jamais besoin d'insuline. Une diète rigoureuse, des activités physiques, alliées à des hypoglycémiants oraux peuvent s'avérer suffisantes. |
| Autres causes spécifiques | Causes spécifiques: certains désordres génétiques, maladies du pancréas, endocrinopathies, causes chimiques ou médicamenteuses, infectieuses, auto-immunes. |
| Diabète gestationnel | Il n'apparaît qu'au cours d'une grossesse. Six semaines après la fin de la grossesse, on procède à une classification (diabète, intolérance anormale au glucose ou normoglycémie) Il touche environ 4% des femmes enceintes. Il est associé à l'âge, l'obésité et aux antécédents familiaux. + Un régime alimentaire rigoureusement suivi et, au besoin, la prise d'insuline en sont le traitement. |
Tableau 2 - Complications du diabète
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Tableau 3 - Ressources / Région 06 - Montréal Centre
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Diabétaide Association Diabète Québec Pédiatrie
Nord
Est
Ouest
Sud-Ouest
Centre-Est
Centre-Ouest
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Robert Marchand, M.D.
En collaboration avec
Association des Médecins Omnipraticiens de Montréal