Les femmes enceintes ont un risque 17 fois plus élevé de contracter la listériose comparativement à la population en général. Cet aspect est particulièrement préoccupant pour elles car elles peuvent transmettre l’infection à leur fœtus. Une infection avec Listeria monocytogenes chez une femme enceinte peut causer des avortements spontanés, un travail prématuré, une mort in utero, et chez le nouveau-né, une septicémie ou une méningite dans la période néonatale et ce même si la mère est asymptomatique.
Dans les derniers 12 mois, la région de Montréal-Centre a enregistré 2 avortements spontanées et une mort néo-natale causés par Listeria monocytogenes chez de jeunes femmes enceintes.
C’est la bactérie responsable de la listériose. Elle est omniprésente dans l’environnement et y est très résistante. Elle a été isolée dans le sol, la poussière l’eau et les aliments. Les réservoirs principaux sont le sol et les matières organiques en décomposition.
Les aliments suivants ont été rapportés comme étant la source d’une éclosion à Listeria monocytogenes :
Les aliments sont aussi une source importante pour les cas sporadiques. Des études des Centers for Disease Control ont montré que 11% des échantillons d’aliments des réfrigérateurs étaient contaminés et que 64% des patients infectés avaient au moins un aliment contaminé et dans le tiers des cas la bactérie retrouvée dans l’aliment était la même que celle qui avait causé la maladie chez le patient.
Les personnes les plus à risque de développer une infection avec ce germe sont :
Chez les personnes avec un statut immunitaire normal, la présentation peut être frustre : maladie fébrile avec des symptômes ressemblant à un syndrome grippal. Chez les personnes immunocompétentes, la bactériémie est la manifestation la plus fréquente. Plusieurs personnes présentant une bactériémie rapportent un prodrome gastro-intestinal : diarrhée, nausées et vomissements. Les autres tableaux cliniques associés à une infection à Listeria monocytogenes sont une infection du système nerveux central (méningite, encéphalite, abcès). Le diagnostic se fait par l’isolement de Listeria monocytogenes à partir d’un site normalement stérile. Il y a peu d’évidence d’acquisition d’immunité.
Au Québec la listériose n’est pas une maladie à déclaration obligatoire (MADO). Cependant, il existe un système de surveillance provincial basé sur une surveillance de laboratoire : depuis juin 1997, toutes les souches de Listeria monocytogenes isolées de sites normalement stérile sont envoyées au Laboratoire de santé publique du Québec. Cette surveillance permet de détecter les augmentations inhabituelles de cas. C’est ainsi qu’à l’automne 2002 une éclosion associée à la consommation de fromage au lait cru a été identifiée. Actuellement une enquête dans quelques régions du Québec est en cours pour déterminer s’il y a une source commune pour expliquer l’apparition de plus de cas de listeriose.
Comme omnipraticien, vous devez aviser les femmes enceintes, les personnes immunosupprimées et les personnes de plus de 60 ans de :
Informez vos patients à risque et distribuez la liste des précautions à prendre. Vous aiderez à ce que quelques malaises ou malheurs soient évités.
Anne Bruneau, M.D.
Médecin-conseil
En collaboration avec
Association des Médecins Omnipraticiens de Montréal